Un appartement classé G ou F dans un immeuble ancien des années 1960-1970 : c’est le profil le plus courant des biens locatifs qui posent problème aux bailleurs en 2026. La mauvaise isolation thermique de ces biens n’est pas seulement une question de confort c’est une urgence réglementaire (les G sont interdits à la location depuis 2025, les F le seront en 2028) et un enjeu économique majeur.
La bonne nouvelle : l’isolation thermique d’un immeuble ancien est l’investissement de rénovation avec le meilleur rapport coût/impact sur le DPE. Et les aides disponibles en 2026 (MaPrimeRénov’, CEE, Éco-PTZ, déficit foncier majoré, TVA à 5,5 %) peuvent couvrir 40 à 70 % du coût des travaux pour un bailleur aux revenus moyens.
Pourquoi l’isolation est la priorité n°1 dans l’ancien
Les déperditions thermiques d’un immeuble non isolé
Un immeuble ancien non rénové perd sa chaleur par de multiples points de fuite. Selon l’ADEME, la répartition typique des déperditions thermiques est la suivante :
- Toit / combles : 25 à 30 % des déperditions
- Murs : 20 à 25 %
- Fenêtres et parois vitrées : 10 à 15 %
- Planchers bas : 7 à 10 %
- Ponts thermiques (liaisons entre éléments) : 5 à 10 %
- Renouvellement d’air (ventilation + infiltrations) : 20 à 25 %
Ces chiffres montrent que l’isolation des combles et des murs représente à elle seule 45 à 55 % du potentiel d’amélioration thermique ce qui explique pourquoi ces deux postes sont prioritaires dans tout projet de rénovation énergétique.
Les enjeux pour le bailleur en 2026
Pour un propriétaire bailleur, l’isolation thermique de son bien répond à trois enjeux simultanés :
1. La conformité réglementaire
Les biens G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025. Les biens F le seront en 2028, les E en 2034. L’isolation est souvent le seul moyen de sortir un bien de la catégorie des passoires thermiques.
2. La libération de l’indexation des loyers
Les biens classés F et G sont soumis au gel des loyers depuis août 2022 aucune indexation IRL n’est possible. Rénover pour atteindre la classe E ou mieux libère cette contrainte.
3. La valorisation du bien
Les Notaires de France ont quantifié la « valeur verte » : un logement bien classé se vend en moyenne 15 à 25 % plus cher qu’un logement équivalent mal classé. Pour un appartement à 120 000 €, c’est potentiellement 18 000 à 30 000 € de valorisation après rénovation.

Les 4 postes d’isolation en immeuble : hiérarchie et impact DPE
Le classement par rapport coût/impact DPE
Tous les postes d’isolation ne se valent pas en termes de rapport entre leur coût et leur impact sur le DPE. Voici la hiérarchie établie par les thermiciens et confirmée par les données de terrain :
| Poste d’isolation | Coût brut moyen | Impact DPE | ROI |
|---|---|---|---|
| Combles perdus | 20-60 €/m² | Très fort (25-30 % déperditions) | Excellent (3-5 ans) |
| Planchers bas | 15-30 €/m² | Moyen (7-10 %) | Bon (5-8 ans) |
| Fenêtres (simple → double vitrage) | 400-800 €/fen. | Moyen-faible (10-15 % mais + confort) | Moyen (8-12 ans) |
| Murs (ITE ou ITI) | 120-270 €/m² | Fort (20-25 % déperditions) | Long (10-15 ans) |
Cette hiérarchie a des implications directes pour la stratégie d’investissement du bailleur :
- Commencez toujours par les combles si le logement est sous les combles ou si vous pouvez y accéder. C’est le geste le plus rentable, le plus rapide à réaliser et le plus fortement aidé.
- Ajoutez les planchers bas si le logement est au-dessus d’un vide sanitaire ou d’un espace non chauffé.
- Remplacez les fenêtres simple vitrage pour le confort phonique et thermique, surtout en zone urbaine.
- L’isolation des murs est le chantier le plus complexe et le plus coûteux à réserver aux rénovations d’ampleur complètes ou aux situations où les autres postes sont déjà traités.

Isolation des combles : le geste le plus rentable
Combles perdus vs combles aménagés
La distinction entre combles perdus et combles aménagés est fondamentale car les techniques et les coûts diffèrent significativement.
Combles perdus : espace non habitable sous le toit, accessible mais non aménagé. C’est le cas le plus favorable pour l’isolation on peut souffler ou dérouler directement l’isolant sur le plancher.
Combles aménagés : espace habité ou potentiellement habitable sous les rampants (pente du toit). L’isolation doit être réalisée entre les chevrons (intérieur) ou au-dessus des chevrons (extérieur, lors d’une réfection de toiture).
Les coûts de l’isolation des combles perdus en 2026
L’isolation des combles perdus coûte entre 20 et 60 €/m² selon la technique. Détail par technique :
- Soufflage laine minérale : 20 à 35 €/m² technique la plus répandue, rapport coût/performance optimal
- Soufflage ouate de cellulose : 25 à 45 €/m² matériau biosourcé et écologique, excellente inertie
- Déroulage de rouleaux de laine de verre : 20 à 40 €/m² adapté aux combles accessibles à la main
Pour un appartement au dernier étage avec 60 m² de combles au-dessus :
- Coût brut : 60 m² × 30 €/m² = 1 800 €
- Aides mobilisables (voir section 6) : de 500 à 1 400 € selon le profil
- Coût net : 400 à 1 300 €
Les coûts de l’isolation des combles aménagés
L’isolation des combles aménagés (rampants) est nettement plus complexe et coûteuse :
- Isolation des rampants de l’intérieur : 60 à 100 €/m²
- Isolation des rampants par l’extérieur (sarking) : 80 à 150 €/m² uniquement lors d’une réfection de toiture
L’épaisseur minimale pour les aides
Pour déclencher MaPrimeRénov’, l’isolant doit atteindre une résistance thermique R ≥ 5 m².K/W minimum (R ≥ 7 conseillé pour maximiser les performances). En pratique :
- Avec de la laine minérale (λ ≈ 0,035) : au moins 18 cm pour R=5, 25 cm pour R=7
- Avec de la ouate de cellulose (λ ≈ 0,038) : au moins 20 cm pour R=5, 27 cm pour R=7
L’amortissement de l’isolation des combles
Pour l’isolation des combles, l’amortissement est de 3 à 5 ans. C’est le poste d’isolation avec le retour sur investissement le plus rapide ce qui explique pourquoi c’est systématiquement la première recommandation des thermiciens.

Isolation des murs : ITE, ITI et situation 2026
Deux techniques principales
L’Isolation Thermique par l’Extérieur (ITE) :
L’isolant est appliqué sur la façade extérieure du bâtiment, puis recouvert d’un enduit ou d’un bardage. C’est la technique la plus efficace thermiquement (supprime les ponts thermiques) et qui ne réduit pas la surface habitable.
Le coût moyen d’une isolation thermique par l’extérieur (ITE) varie entre 120 et 270 € par m², pose incluse.
L’Isolation Thermique par l’Intérieur (ITI) :
L’isolant est posé à l’intérieur du logement, contre les murs extérieurs, avant d’être recouvert d’une plaque de plâtre. Moins efficace que l’ITE (ne supprime pas tous les ponts thermiques) mais moins coûteuse et ne nécessite pas d’autorisation d’urbanisme.
Prix de l’ITI : 40 à 80 €/m² (hors dépose de l’existant et remise en peinture).
Le changement majeur de 2026 : l’ITE exclue du parcours par geste
C’est la modification réglementaire la plus importante pour les bailleurs en 2026 : depuis le 1er janvier 2026, l’isolation des murs et les chaudières biomasse ne sont plus financées dans le parcours par geste de MaPrimeRénov’.
Concrètement : depuis 2026, l’isolation des murs (ITE ou ITI) ne peut plus être financée comme « geste unique » par MaPrimeRénov’. Elle doit désormais s’inscrire dans un parcours de rénovation d’ampleur (au moins 2 gestes d’isolation combinés, avec audit énergétique et Mon Accompagnateur Rénov’ obligatoires).
Ce que cela signifie pour le bailleur :
- Un bailleur qui souhaite uniquement faire isoler les murs de son appartement ne peut plus financer ce geste seul par MaPrimeRénov’ parcours par geste
- Il doit intégrer cette isolation dans un programme global de rénovation (murs + combles, ou murs + chauffage + ventilation)
- La rénovation d’ampleur donne accès à des aides plus importantes (jusqu’à 80 % de 40 000 € HT) mais implique une démarche plus complexe
L’ITE en copropriété : spécificités et avantages
Dans un immeuble en copropriété, l’ITE des façades communes nécessite un vote en assemblée générale (majorité absolue selon l’article 25 de la loi de 1965). Cette contrainte est aussi un avantage : le coût est mutualisé entre tous les copropriétaires, et MaPrimeRénov’ Copropriété (volet collectif) peut financer 25 à 45 % du montant des travaux.
Isolation des planchers bas et des parois vitrées
L’isolation des planchers bas
Quel logement est concerné ?
Les appartements situés au-dessus d’un vide sanitaire, d’un sous-sol non chauffé ou d’un garage sont les plus concernés. Cette situation est fréquente dans les immeubles des années 1950-1980.
Techniques :
- Isolation par le dessous (depuis le sous-sol) : pose de panneaux rigides ou projection de mousse polyuréthane sous le plancher 15 à 30 €/m²
- Isolation par le dessus (dans le logement) : pose d’un isolant + chape ou parquet flottant 20 à 40 €/m²
Impact DPE : modéré (7 à 10 % des déperditions), mais chantier souvent peu coûteux et très rapide.
Aides : finançable par MaPrimeRénov’ parcours par geste (maintenu en 2026 contrairement à l’isolation des murs) et CEE.
L’isolation des parois vitrées (remplacement du simple vitrage)
Le remplacement des fenêtres à simple vitrage par du double vitrage performant est finançable par MaPrimeRénov’ parcours par geste en 2026 à condition de remplacer du simple vitrage (et non un double vitrage dégradé).
Coûts :
- Fenêtre double vitrage standard (U ≤ 1,3 W/m².K) : 400 à 700 €/unité posée
- Fenêtre triple vitrage ou double vitrage à isolation renforcée : 600 à 900 €/unité
Impact DPE : modéré (10 à 15 % des déperditions) mais fort impact sur le confort (froid radiant supprimé) et l’isolation phonique.
Délai d’amortissement : 8 à 15 ans moins rapide que les combles mais très apprécié des locataires (confort, silence, moins de courants d’air).

Les aides disponibles en 2026 : cumul et optimisation
La règle fondamentale : cumuler les aides
Aucun dispositif d’aide ne finance à lui seul l’intégralité des travaux d’isolation. La stratégie optimale est de cumuler plusieurs sources pour minimiser le reste à charge.
MaPrimeRénov’ Les montants 2026 pour l’isolation
Isolation des combles perdus (maintenu en parcours par geste) :
Isolation des combles aménagés : aide de 15 € à 25 € par m², pour des travaux coûtant en moyenne 60 à 100 € par m².
Pour les combles perdus, les aides MaPrimeRénov’ peuvent aller jusqu’à 75 €/m² pour les ménages les plus modestes (profil Bleu).
Par profil (hors IDF, combles perdus) :
- Profil Bleu (très modestes) : jusqu’à 75 €/m²
- Profil Jaune (modestes) : jusqu’à 50 €/m²
- Profil Violet (intermédiaires) : jusqu’à 25 €/m²
- Profil Rose (supérieurs) : non éligible au parcours par geste
Isolation des planchers bas (maintenu en parcours par geste) :
Aide selon le profil : de 15 à 50 €/m².
Isolation des murs (uniquement via rénovation d’ampleur depuis 2026) :
Isolation thermique des murs par l’extérieur (ITE) : aide de 40 € à 75 € par m², pour un coût total moyen de 150 à 250 € par m².
Via la rénovation d’ampleur, le taux de prise en charge peut atteindre 80 % de 40 000 € HT de travaux (soit 32 000 € maximum).
Isolation des parois vitrées (maintenu en parcours par geste) :
Aide pour remplacement simple → double vitrage : de 30 à 100 €/m² selon le profil.
Les CEE (Certificats d’Économies d’Énergie)
Les CEE sont des primes versées par les fournisseurs d’énergie (EDF, Engie, TotalEnergies…) en complément de MaPrimeRénov’. Elles sont cumulables et peuvent représenter 10 à 25 €/m² pour l’isolation des combles, et 10 à 25 €/m² pour l’isolation des murs.
Comment les obtenir : passez par un artisan RGE qui propose le dispositif CEE dans son devis (prime directement déduite du devis), ou par un agrégateur CEE (Hellio, Effy, etc.).
La TVA à 5,5 %
Tous les travaux d’isolation réalisés par un artisan RGE bénéficient d’une TVA réduite à 5,5 % (au lieu de 10 % ou 20 %). Cette réduction est directement appliquée sur la facture par l’artisan aucune démarche spécifique n’est nécessaire.
Sur un chantier de 10 000 € HT, la différence entre TVA à 5,5 % et TVA à 10 % représente 450 € d’économie directe.
L’Éco-PTZ (Éco-Prêt à Taux Zéro)
L’Éco-PTZ permet de financer le reste à charge des travaux jusqu’à 50 000 € sans payer d’intérêts, sur une durée de remboursement jusqu’à 20 ans. Il est cumulable avec MaPrimeRénov’ et les CEE.
Pour un bailleur dont le reste à charge après aides est de 8 000 €, l’Éco-PTZ à 20 ans représente une mensualité de seulement 33 €/mois quasi-neutre sur le cash-flow.
La simulation du cumul des aides
Exemple : Isolation des combles perdus (60 m²) + remplacement de 4 fenêtres, profil Violet, bailleur hors IDF
| Poste | Coût brut | MaPrimeRénov’ | CEE | TVA 5,5 % (économie) | Reste à charge |
|---|---|---|---|---|---|
| Combles perdus 60 m² | 1 800 € HT | − 1 500 € | − 180 € | − 81 € | 39 € |
| 4 fenêtres double vitrage | 2 400 € HT | − 400 € | − 200 € | − 108 € | 1 692 € |
| Total | 4 200 € | − 1 900 € | − 380 € | − 189 € | 1 731 € |
Reste à charge total : 1 731 € pour 4 200 € de travaux, soit 41 % du coût brut couvert par les aides et l’économie de TVA.
Pour un profil Bleu (très modestes), le reste à charge peut descendre sous les 500 €.

Le déficit foncier majoré : le levier fiscal du bailleur
Le mécanisme spécifique aux bailleurs
Pour les propriétaires bailleurs en location nue (revenus fonciers), les travaux de rénovation énergétique permettant de sortir un logement de la classe F ou G pour l’amener à la classe E ou mieux bénéficient d’un plafond de déficit foncier majoré à 21 400 € par an (au lieu de 10 700 € en droit commun).
Ce déficit foncier est imputable sur le revenu global du contribuable ce qui génère une économie fiscale immédiate.
Le calcul de l’économie fiscale
Pour un bailleur à TMI 30 % qui réalise 18 000 € de travaux d’isolation déductibles :
- Déficit foncier généré : 18 000 €
- Plafond annuel autorisé : 21 400 € (majoré pour rénovation énergétique)
- Tout le déficit est imputable en une seule année
- Économie fiscale : 18 000 × (30 % + 17,2 %) = 18 000 × 47,2 % = 8 496 €
Règle importante : les travaux subventionnés par MaPrimeRénov’ ne sont déductibles qu’à hauteur de leur coût net (après déduction de la prime). Si vous recevez 1 500 € de MaPrimeRénov’ pour des combles coûtant 1 800 €, vous ne pouvez déduire que 300 € au titre du déficit foncier.
L’impact sur le reste à charge réel
En cumulant MaPrimeRénov’ + CEE + TVA réduite + économie déficit foncier, le reste à charge réel d’une isolation peut être très faible.
Exemple complet pour un bailleur à TMI 30 % (profil Violet) :
Travaux d’isolation totaux : 15 000 € HT
- MaPrimeRénov’ : − 4 000 €
- CEE : − 1 500 €
- TVA 5,5 % vs 10 % (économie) : − 675 €
- Coût net avant fiscal : 8 825 €
- Déficit foncier (sur 8 825 €) : 8 825 × 47,2 % = − 4 165 €
- Reste à charge réel : 4 660 €
Soit 31 % du coût initial des travaux les aides et l’économie fiscale couvrent 69 % du chantier.
Calculer le retour sur investissement réel
Les 3 composantes du ROI de l’isolation
Le retour sur investissement d’une isolation thermique pour un bailleur ne se limite pas aux économies d’énergie. Il se compose de trois éléments :
Composante 1 : Les économies sur les charges locatives
Si le logement est loué charges comprises (chauffage inclus dans le forfait), l’isolation réduit la consommation de chauffage et donc les charges réelles du bailleur.
Si le logement est loué charges séparées, les économies d’énergie bénéficient principalement au locataire mais elles améliorent son confort et sa fidélisation.
Composante 2 : La libération du gel des loyers (F et G)
Un logement classé F ou G est soumis au gel des loyers depuis août 2022. Passer en classe E ou mieux libère l’indexation IRL.
Sur un loyer de 600 €/mois avec IRL à 2 %/an : révision annuelle de 12 €/mois soit 144 €/an. Sur 10 ans : 1 440 € cumulés grâce à l’indexation retrouvée.
Composante 3 : La valorisation du bien
La « valeur verte » d’un bien bien classé représente 15 à 25 % de plus à la revente qu’un bien équivalent mal classé. Sur un bien à 120 000 €, c’est 18 000 à 30 000 € de valorisation potentielle.
Le calcul du délai d’amortissement selon le poste
Isolation des combles perdus (reste à charge : 400 €)
- Économie de chauffage estimée : 150 à 300 €/an (selon la surface et le système de chauffage)
- Délai d’amortissement : 1 à 3 ans excellent retour sur investissement
Isolation des planchers bas (reste à charge : 500 à 1 500 €)
- Économie de chauffage estimée : 80 à 150 €/an
- Délai d’amortissement : 4 à 10 ans bon retour sur investissement
Remplacement des fenêtres (reste à charge : 1 500 à 2 500 €)
- Économie de chauffage estimée : 100 à 200 €/an
- Délai d’amortissement : 8 à 15 ans retour moyen mais fort impact sur le confort et la fidélisation locataire
Isolation des murs ITE (reste à charge : 4 000 à 15 000 €)
- Économie de chauffage estimée : 300 à 600 €/an
- Délai d’amortissement : 10 à 20 ans retour long mais indispensable pour les rénovations complètes
La rentabilité globale d’une rénovation complète
Pour un bien G passant en D après rénovation complète (combles + murs + chauffage + fenêtres) :
- Coût net total (aides comprises) : 15 000 à 25 000 €
- Gain de loyer potentiel (libération gel + valeur DPE) : 50 à 100 €/mois
- Valorisation à la revente : 15 000 à 25 000 €
ROI à 10 ans : (50 €/mois × 120 mois) + 20 000 € de valorisation = 26 000 € de gains potentiels pour un investissement net de 20 000 € soit une rentabilité positive à l’horizon 10 ans.

Les contraintes spécifiques à la copropriété
Ce que le bailleur copropriétaire peut décider seul
Dans un immeuble en copropriété, les travaux d’isolation dans les parties privatives (l’appartement lui-même) peuvent être réalisés par le copropriétaire sans vote en AG :
- Isolation des combles (si les combles sont parties communes, accord de l’AG peut être nécessaire)
- Isolation du plancher bas depuis l’intérieur de l’appartement
- Remplacement des fenêtres (sous réserve de respecter l’aspect extérieur de l’immeuble et les prescriptions du règlement de copropriété)
- Isolation thermique par l’intérieur (ITI) des murs extérieurs
Ce qui nécessite un vote en AG
- Isolation thermique par l’extérieur (ITE) des façades : vote obligatoire en AG, majorité absolue (article 25 de la loi de 1965)
- Isolation des combles parties communes : vote obligatoire
- Isolation de la toiture (lors d’une réfection) : vote obligatoire
La stratégie du bailleur copropriétaire
Un bailleur copropriétaire qui souhaite isoler son appartement pour le sortir de la catégorie des passoires peut adopter une stratégie en deux temps :
Court terme (décision autonome) :
ITI des murs extérieurs (si pas d’accord de copropriété pour ITE) + isolation plancher bas + remplacement fenêtres. Ces travaux peuvent améliorer le DPE de 1 à 2 classes sans vote en AG.
Moyen terme (avec la copropriété) :
Porter une proposition d’ITE des façades en AG en faisant valoir les intérêts communs (valorisation de toutes les parts, économies sur les charges de chauffage collectif si applicable, sortie du statut de passoire thermique pour toute la copropriété).
Le dispositif MaPrimeRénov’ Copropriété (volet collectif) peut financer 25 à 45 % du montant de l’ITE globale un argument fort pour convaincre les autres copropriétaires.
L’approche Vestae sur l’isolation thermique
Notre positionnement sur la rénovation énergétique
Chez Vestae, l’isolation thermique n’est pas un sujet distinct de l’investissement locatif c’est une composante centrale de notre sélection de biens et de notre stratégie de valorisation.
Ce que nous analysons systématiquement :
- La classe DPE actuelle et la classe cible après rénovation
- Les postes d’isolation prioritaires selon le type de bien (appartement sous combles, dessus vide sanitaire, fenêtres simple vitrage…)
- Le coût net des travaux après mobilisation de toutes les aides (MaPrimeRénov’ + CEE + TVA + déficit foncier)
- L’impact sur le rendement locatif (libération du gel des loyers, valorisation, amélioration du temps de location)
Notre règle sur les passoires thermiques :
Nous recommandons systématiquement à nos clients d’inclure les travaux d’isolation dans le projet d’acquisition et non de les reporter après la mise en location. Un bien bien isolé se loue plus vite, à un loyer plus élevé, avec des locataires plus stables. L’isolation est rarement un coût c’est généralement un investissement rentable.
Notre process d’identification des aides
Pour chaque bien à rénover, nous calculons avec nos partenaires RGE le montant précis des aides mobilisables avant de présenter le projet au client. Cette simulation intègre :
- Le profil de revenus du client (qui détermine le montant MaPrimeRénov’)
- L’éligibilité aux CEE (selon les travaux et le fournisseur d’énergie)
- L’économie de TVA (appliquée directement sur les devis des artisans RGE)
- L’économie de déficit foncier (selon le régime fiscal du bailleur)
La simulation inclut toujours la marge de sécurité de 15 % sur les travaux pour les imprévus et le rendement final est calculé sur le coût net total après toutes les aides.
En résumé
L’isolation thermique d’un immeuble ancien est l’investissement de rénovation le plus rentable pour un bailleur à condition de suivre la bonne hiérarchie des postes et de cumuler toutes les aides disponibles. Ce qu’il faut retenir :
- Les combles sont le poste prioritaire : 25-30 % des déperditions, coût brut faible (20-60 €/m²), ROI de 3 à 5 ans c’est le premier geste à réaliser
- L’isolation des murs est exclusivement via rénovation d’ampleur depuis 2026 : l’ITE et l’ITI ne sont plus finançables en « geste unique » par MaPrimeRénov’ elles doivent s’intégrer dans un programme global
- Les planchers bas et les fenêtres restent finançables en parcours par geste
- Le cumul des aides (MaPrimeRénov’ + CEE + TVA 5,5 % + déficit foncier majoré) peut couvrir 60 à 70 % du coût brut des travaux pour un bailleur à TMI 30 %
- Le déficit foncier majoré (21 400 €/an) est le levier fiscal spécifique aux bailleurs il s’ajoute aux aides directes et peut représenter 4 000 à 8 000 € d’économie fiscale annuelle
- Le ROI complet intègre : économies de chauffage, libération du gel des loyers (F et G), valorisation du bien à la revente (+15-25 %)
- En copropriété, les travaux dans les parties privatives (ITI, fenêtres, planchers) ne nécessitent pas de vote en AG l’ITE des façades communes oui
- MaPrimeRénov’ Copropriété finance 25 à 45 % de l’ITE collective un levier pour convaincre les autres copropriétaires
- Les artisans RGE sont obligatoires pour déclencher toutes les aides vérifiez leur certification avant de signer tout devis
- Demandez la prime avant les travaux : MaPrimeRénov’ doit être sollicitée avant le démarrage du chantier aucune rétroactivité
Vous avez un bien locatif en immeuble ancien à isoler dans le Grand Ouest et souhaitez optimiser vos aides ? Contactez Vestae, nous vous mettons en relation avec nos artisans RGE partenaires et calculons le montant précis des aides mobilisables selon votre situation.