Réhabiliter un bien immobilier ancien de A à Z est l’une des opérations les plus complexes qu’un investisseur locatif puisse mener. Non pas parce que les travaux sont techniquement impossibles mais parce que la coordination des intervenants dans le bon ordre est une compétence rare, et qu’une erreur dans le séquençage peut coûter plusieurs milliers d’euros et des semaines de retard.
Faire refaire la peinture avant l’électricité ? Les murs seront percés et repeints. Poser le carrelage avant la plomberie ? Le sol sera cassé pour accéder aux canalisations. Installer la cuisine avant de peindre les murs ? Les portes de cuisine seront éclaboussées de peinture.
La phase de préparation : avant le premier coup de marteau
Pourquoi la préparation est aussi importante que les travaux eux-mêmes
Les chantiers qui dérivent en délais et en budget le font presque toujours par défaut de préparation pas par imprévus inévitables. Un chantier bien préparé anticipe les difficultés, a ses devis validés avant le démarrage, et ses artisans planifiés avec des dates fermes.
Les étapes de préparation
Étape 1 : Le diagnostic complet du bien
Avant d’engager quoi que ce soit, réalisez un diagnostic exhaustif des pathologies du bien (voir l’article sur l’estimation des travaux avant achat) :
- État de la structure (fissures, humidité, planchers)
- État de l’installation électrique (diagnostic ERNIE)
- État de l’installation gaz (diagnostic gaz)
- État de la plomberie (canalisations, robinetterie)
- DPE et performance thermique
- Présence d’amiante (diagnostic amiante obligatoire avant travaux pour tout immeuble construit avant 1997)
- Présence de plomb (CREP obligatoire avant travaux pour tout immeuble construit avant 1949)
Étape 2 : La définition du programme de travaux
Sur la base du diagnostic, établissez la liste complète des travaux à réaliser, poste par poste. Distinguez :
- Les travaux obligatoires (décence, DPE, sécurité)
- Les travaux d’amélioration (rendement locatif)
- Les travaux différables (non urgents)
Étape 3 : L’obtention des devis
Pour chaque corps de métier impliqué, obtenez au minimum 2 devis idéalement 3. Un devis unique ne permet pas de vérifier si le prix est cohérent avec le marché. Les écarts de prix entre artisans sur les mêmes prestations peuvent atteindre 30 à 50 %.
Étape 4 : Le dépôt des demandes d’aides
Si le chantier comporte des travaux énergétiques éligibles à MaPrimeRénov’, les demandes doivent être déposées avant le démarrage des travaux. Aucune rétroactivité n’est possible.
Étape 5 : La planification du chantier
Avec les artisans retenus, établissez un planning de chantier précis :
- Date de démarrage de chaque corps de métier
- Durée estimée de chaque phase
- Jalons intermédiaires (finition électricité avant plâtrerie, etc.)
- Date de fin de chantier prévisionnelle
Étape 6 : Les autorisations administratives
Selon l’ampleur des travaux :
- Déclaration préalable de travaux : pour les travaux modifiant l’aspect extérieur (remplacement de fenêtres, ITE)
- Permis de construire : pour les travaux modifiant la surface de plancher ou créant une nouvelle ouverture en façade
- Autorisation de l’assemblée générale de copropriété : pour tous travaux touchant les parties communes

Phase 1 : Le désamiantage et le déplombage (si nécessaire)
Pourquoi cette phase passe en premier
Si le diagnostic révèle la présence d’amiante friable (flocages, calorifugeages, dalles vinyle amiantées) ou de peinture au plomb accessible (sur des surfaces accessibles aux occupants), ces matériaux doivent être traités avant toute autre intervention.
L’amiante est dangereuse à la manipulation ses fibres libérées dans l’air provoquent des maladies pulmonaires graves (mésothéliome, asbestose). Le désamiantage doit être réalisé par une entreprise certifiée amiante, avec mise en place de protocoles stricts (zone de confinement, équipements de protection individuelle, évacuation des déchets en filière agréée).
Le plomb dans les peintures est dangereux par ingestion ou inhalation de poussières particulièrement pour les enfants. Sa présence à des concentrations supérieures au seuil réglementaire impose un traitement avant les travaux qui pourraient libérer des poussières (ponçage, démolition).
Les intervenants
- Diagnostiqueur certifié : pour confirmer la nature et la localisation des matériaux dangereux
- Entreprise de désamiantage certifiée (mention SS3 ou SS4 selon la catégorie) : pour retirer l’amiante en toute sécurité
- Coordinateur SPS (Sécurité et Protection de la Santé) : obligatoire pour les chantiers avec plusieurs intervenants
Durée typique
De 2 jours à plusieurs semaines selon l’ampleur de la contamination. Le logement doit être libéré de tout occupant pendant toute la durée du désamiantage.
Phase 2 : La démolition et le gros œuvre
Ce qui intervient en phase 2
Après le désamiantage (si nécessaire), la démolition des éléments à remplacer est la première phase du chantier proprement dit :
- Dépose des revêtements de sol (carrelage, parquet, moquette)
- Démolition des cloisons non porteuses à supprimer ou déplacer
- Dépose des menuiseries intérieures à remplacer (portes, placards)
- Dépose des équipements sanitaires et de cuisine
- Démolition des doublages existants
Ce qui ne doit PAS être démoli sans vérification préalable :
- Les murs porteurs (nécessitent une étude de structure avant toute intervention)
- Les poutres et IPN
- Tout élément dont le rôle structurel n’a pas été vérifié
Les travaux de gros œuvre
Si le bien nécessite des travaux de gros œuvre (reprise de fondations, traitement de fissures structurelles, remplacement de plancher), ils s’effectuent à ce stade avant tout réseau technique.
Les intervenants :
- Maçon : pour les démolitions et travaux de gros œuvre
- Bureau d’études structure : si des murs porteurs sont concernés
- Menuisier (dépose des menuiseries) ou généraliste du bâtiment
Durée typique : 2 à 10 jours selon l’ampleur.

Phase 3 : L’électricité : le premier réseau technique
Pourquoi l’électricité passe en premier
L’électricité est systématiquement le premier réseau technique à poser, pour une raison simple : les gaines et câbles électriques doivent être noyés dans les murs ou les cloisons avant que celles-ci soient doublées, enduites ou peintes. Si l’électricité est faite après la plâtrerie, il faut rouvrir les murs ce qui annule le travail du plâtrier.
Ce que comprend la phase électricité
1. Le tableau électrique
Remplacement ou mise à niveau du tableau (protection différentielle 30 mA, disjoncteurs de calibre adapté, bornes de terre). C’est le point de départ de toute l’installation.
2. Les circuits
Tirage des câbles depuis le tableau vers :
- Les prises de courant (circuit dédié par pièce)
- L’éclairage (circuit séparé des prises)
- Les équipements dédiés : cuisine (plaques, four, lave-vaisselle), salle de bain (VMC), lave-linge
3. La prise de terre
Vérification et mise en place de la liaison de terre dans toutes les pièces, obligatoire dans la salle de bain (liaison équipotentielle).
4. Les sorties et boîtiers d’encastrement
Pose des boîtiers de prises et d’interrupteurs dans les murs (avant enduit/doublage).
5. La VMC (Ventilation Mécanique Contrôlée)
Installation ou mise à niveau de la VMC système de ventilation obligatoire dans toute cuisine et salle de bain.
L’intervenant : l’électricien qualifié
Pour les travaux nécessitant des aides (MaPrimeRénov’ pour la VMC double flux, CEE) : l’électricien doit être certifié RGE.
Pour les travaux non aidés mais à faire certifier par diagnostic ERNIE : les artisans Quali’Elec sont recommandés.
Durée typique : 3 à 8 jours pour un appartement T2-T3.
Phase 4 : La plomberie et le chauffage
Pourquoi la plomberie suit l’électricité
La plomberie intervient après l’électricité pour deux raisons :
- Les canalisations sont plus volumineuses que les gaines électriques elles nécessitent des passages importants dans les murs et les cloisons
- En cas de fuite lors de la mise en eau, l’électricité est déjà posée mais pas encore raccordée ni sous tension ce qui évite les courts-circuits
Ce que comprend la phase plomberie
1. Les alimentations en eau froide et eau chaude
Tirage des nouvelles canalisations depuis le compteur d’eau (ou l’arrivée d’eau principale) vers :
- La cuisine (évier, lave-vaisselle)
- La salle de bain (douche/baignoire, vasque, WC)
- Le lave-linge
2. Les évacuations
Pose des canalisations d’évacuation des eaux usées (vers les descentes de colonne) et des eaux vannes (WC).
3. L’alimentation en gaz (si chaudière gaz)
Tirage des canalisations gaz en cuivre ou multicouche, avec obligatoirement une intervention réalisée par un professionnel certifié Qualigaz (obligation légale).
4. Le système de chauffage
- Si PAC air/eau ou chaudière gaz à condensation : installation du système de production de chaleur et des émetteurs (radiateurs, plancher chauffant)
- Si chauffe-eau thermodynamique ou ballon électrique : installation du chauffe-eau
5. La mise en eau et les tests d’étanchéité
Avant de refermer les murs, l’installateur réalise un test d’étanchéité sous pression pour s’assurer qu’il n’y a aucune fuite sur le réseau.
Durée typique : 3 à 7 jours pour un appartement T2-T3.

Phase 5 : L’isolation thermique et acoustique
Quand poser l’isolation ?
L’isolation intervient après les réseaux techniques (électricité + plomberie) et avant les doublages, enduits et cloisons qui la recouvriront. C’est la séquence logique :
- Réseaux posés dans les murs
- Isolation posée sur ou entre les réseaux
- Doublage (plaque de plâtre) referme l’ensemble
Les travaux d’isolation à cette phase
Isolation thermique par l’intérieur (ITI) des murs extérieurs :
Pose d’un isolant (laine de roche, laine de verre, PSE) contre les murs extérieurs, avant la pose des plaques de plâtre. Cette opération réduit légèrement la surface habitable (3 à 5 cm d’épaisseur perdue par mur traité).
Isolation des planchers (si plancher sur vide sanitaire ou local non chauffé) :
- Isolation par le dessous : l’isolant est fixé sous le plancher (accessible depuis le sous-sol)
- Isolation par le dessus : chape isolante ou parquet isolant posé sur le plancher existant
Isolation des rampants (si pièce sous les combles) :
Isolation des pentes de toit par l’intérieur (entre les chevrons ou en sous-face).
Isolation acoustique :
Pour les logements avec problèmes phoniques importants (bruits d’impact du dessus, bruits aériens des voisins) :
- Sous-couche acoustique avant la pose de revêtements de sol
- Doublage acoustique sur les parois mitoyennes
Les intervenants : les artisans RGE si travaux éligibles aux aides, couvreur-zingueur pour les travaux sur toiture.
Durée typique : 1 à 5 jours selon les surfaces concernées.
Phase 6 : Le cloisonnement et les doublages
Ce qui intervient à cette phase
Une fois les réseaux techniques posés et l’isolation en place, les cloisons et doublages viennent refermer l’ensemble :
Les cloisons légères :
Pose des cloisons séparatives entre pièces (si modification de la distribution du logement) en plaques de plâtre sur ossature métallique.
Les doublages des murs extérieurs :
Pose des plaques de plâtre sur les isolants des murs extérieurs qui donnent une surface plane, prête à enduire et peindre.
Les faux-plafonds :
Si le logement a de grandes hauteurs sous plafond ou des canalisations à masquer, un faux-plafond en plaques de plâtre peut être posé à cette phase.
Les réservations :
Avant de refermer définitivement, vérifiez que toutes les réservations nécessaires ont été faites : boîtiers de prises et d’interrupteurs accessibles, sorties de plomberie aux bons emplacements.
L’intervenant : le plaquiste (ou plâtrier-plaquiste)
Durée typique : 2 à 6 jours pour un appartement T2-T3.
Phase 7 : La menuiserie intérieure et les huisseries
Les portes et encadrements
La pose des huisseries (encadrements de portes) et des portes intérieures s’effectue après le cloisonnement mais avant les enduits et la peinture. Pourquoi ? Parce que les huisseries sont scellées dans les cloisons si on pose les portes après l’enduit, il faudra reprendre les joints et les bords.
Ce qui est posé à cette phase :
- Huisseries des portes intérieures
- Portes intérieures (bâties ou à poser)
- Plinthes et baguettes d’angle (parfois reportées après peinture)
- Placards sur mesure ou meubles-penderies
La menuiserie extérieure (remplacement des fenêtres) peut intervenir dès la phase démolition ou à cette étape selon le planning mais elle doit être posée avant l’isolation extérieure des murs si applicable.
L’intervenant : le menuisier
Durée typique : 1 à 4 jours selon le nombre de portes et placards.

Phase 8 : La plâtrerie et l’enduit
Le rôle de la plâtrerie
La plâtrerie intervient pour préparer les surfaces à recevoir la peinture ou le papier peint. C’est une phase souvent sous-estimée mais qui conditionne directement la qualité de rendu final de la peinture.
Ce qui est réalisé à cette phase :
1. Le rebouchage
Comblement de toutes les petites cavités, trous de vis, traces de chocs sur les murs et plafonds existants.
2. L’enduit de lissage
Application d’une ou plusieurs couches d’enduit de lissage sur les surfaces irrégulières pour obtenir un mur parfaitement plan avant la peinture.
3. Les joints de plaquettes
Pose des joints entre les plaques de plâtre (bandes et enduit de finition) pour que les joints soient totalement invisibles après peinture.
4. Les cornières et baguettes d’angle
Pose des profils d’angle métalliques sur les arêtes saillantes pour des angles droits et résistants.
L’intervenant : le plâtrier-enduiseur (ou le peintre pour les finitions légères)
Un point d’attention : beaucoup d’investisseurs sautent la phase d’enduit de lissage pour économiser. Résultat : une peinture qui révèle tous les défauts du mur. Une plâtrerie bien faite est la condition sine qua non d’un rendu esthétique de qualité.
Durée typique : 2 à 5 jours selon l’état des murs et les surfaces concernées.
Phase 9 : Carrelage, parquet et revêtements de sol
L’ordre des revêtements de sol
Les revêtements de sol s’installent après les cloisons et doublages (pour que le carrelage ou le parquet arrive sous les doublages) mais avant la peinture des plinthes (pour que les plinthes couvrent le bord des revêtements).
Une règle d’or : posez les revêtements de sol avant d’installer la cuisine et la salle de bain cela évite de poser du carrelage autour des meubles et garantit un rendu propre sous les équipements.
Le carrelage
Zones concernées : salle de bain, WC, cuisine (si carrelage au sol), entrée.
Ce que comprend la phase carrelage :
- Préparation du support (ragréage si sol irrégulier)
- Pose de la colle et des carreaux
- Jointoiement
- Pose du carrelage mural (salle de bain, crédence cuisine)
Durée typique : 2 à 5 jours selon les surfaces.
Le parquet et les revêtements de sol souple
Zones concernées : séjour, chambres, couloir (si parquet choisi).
Ce que comprend la phase parquet :
- Pose de la sous-couche acoustique et thermique
- Pose du parquet (massif, contrecollé ou stratifié selon le choix)
- Pose des plinthes et joints de dilatation
Lino, PVC ou vinyle :
Plus simple et plus rapide que le parquet pose en 1 à 2 jours pour un T2.
L’intervenant : le carreleur / poseur de sols
Durée totale phase sols : 3 à 8 jours pour un appartement T2-T3.

Phase 10 : La peinture et les finitions
La peinture : la phase finale des surfaces
La peinture intervient en avant-dernière phase après tous les travaux qui pourraient tacher ou abîmer les murs peints. C’est souvent la phase la plus visible, celle qui transforme visuellement le logement.
Ce que comprend la phase peinture :
1. L’impression / sous-couche
Application d’une sous-couche sur les enduits frais et les surfaces poreuses pour uniformiser l’absorption et permettre une finition homogène.
2. Les couches de peinture
En général 2 couches de peinture de finition (3 couches si les murs sont très blancs après enduit ou si la couleur est profonde).
Choix de finitions :
- Mat : absorbe la lumière, cache les imperfections idéal pour les plafonds et les chambres
- Satinée : lavable, résistante idéale pour les murs de cuisine, salle de bain, couloir
- Brillante : très résistante mais révèle les imperfections rarement utilisée en locatif
3. Les plinthes, baguettes et habillages
Peinture des plinthes (laque satinée ou brillante) et des encadrements de portes.
Choix des couleurs pour le locatif :
Blanc cassé (RAL 9010 ou blanc pur), gris très clair, beige des tons neutres qui plaisent au plus grand nombre et agrandissent visuellement les pièces.
L’intervenant : le peintre en bâtiment
Durée typique : 3 à 7 jours pour un appartement T2-T3 complet.
Phase 11 : La cuisine et la salle de bain
Pourquoi la cuisine et la SDB passent en avant-dernière phase
Les équipements de cuisine et de salle de bain s’installent après les revêtements de sol, les finitions de peinture (sauf les crédences et les murs carrelés de la salle de bain qui sont posés avant la peinture des plinthes), et les raccordements électriques et plomberie.
La logique est simple : installer les meubles de cuisine avant la pose du carrelage de la crédence imposerait de travailler dans un espace contraint. Et installer les équipements avant la peinture risquerait de les tacher.
La salle de bain
Ordre d’installation de la SDB :
- Le carrelage mural et au sol (phase 9)
- La robinetterie et les équipements sanitaires (douche/baignoire, vasque, WC)
- Les meubles de salle de bain (meuble sous vasque, miroir)
- Les joints d’étanchéité (entre bac/baignoire et carrelage)
- Les accessoires (porte-serviettes, patères, miroir)
Intervenants : plombier pour les raccordements sanitaires, carreleur pour les joints finaux, menuisier ou le bailleur lui-même pour les meubles.
La cuisine
Ordre d’installation de la cuisine :
- La pose de la cuisine (meubles bas et hauts)
- Le plan de travail
- La crédence (si carrelage : posé avant ; si crédence en verre ou alu : après)
- L’électroménager encastré (plaque, four, lave-vaisselle)
- La robinetterie de l’évier
- Les raccordements électriques et plomberie (par l’électricien et le plombier)
Intervenant : cuisiniste pour la pose, électricien et plombier pour les raccordements.
Durée totale cuisine + SDB : 3 à 6 jours.

Phase 12 : L’ameublement et la mise en location
La dernière phase : transformer le logement en bien prêt à louer
Une fois tous les travaux terminés et les finitions réceptionnées, la phase d’ameublement prépare le logement à la mise en location meublée.
Ce qui intervient :
- Le grand nettoyage de chantier réalisé par une entreprise de nettoyage (pas votre peintre ou votre électricien). Le nettoyage post-chantier prend 3 à 6 heures selon la surface et doit être irréprochable (poussières, résidus de colle, plâtre).
- La livraison et l’installation du mobilier selon la liste des meubles obligatoires (voir article dédié)
- L’installation des équipements ménagers (machine à laver, télévision…)
- Les dernières vérifications : test de tous les équipements électriques, mise en eau et test des robinets, vérification de la VMC, test des serrures
- Les photos pour l’annonce réalisées avec le logement en parfait état, éclairage naturel maximal, home staging minimaliste
- La publication de l’annonce locative et la mise en location
La coordination des intervenants : le rôle du pilote de chantier
Le principal risque d’une réhabilitation : les trous dans le planning
Entre deux corps de métier, des délais peuvent s’accumuler : l’électricien a fini mais le plâtrier ne peut commencer que dans 10 jours. Le carreleur est disponible mais le sol n’est pas encore ragréé. La cuisine est livrée mais le plombier n’est pas disponible pour les raccordements.
Ces « trous » dans le planning sont la principale cause de dépassement de délais dans les réhabilitations et souvent, personne ne les voit venir parce que personne n’a la vision d’ensemble du chantier.
Qui pilote le chantier ?
Option 1 : L’investisseur lui-même (maître d’ouvrage en direct)
L’investisseur coordonne directement chaque corps de métier, gère le planning, résout les problèmes. Possible pour les chantiers simples avec peu d’intervenants. Nécessite une disponibilité très importante et une connaissance des corps de métier.
Option 2 : Le maître d’œuvre ou l’architecte
Un professionnel est mandaté pour coordonner l’ensemble du chantier : il établit le planning, passe les commandes auprès des artisans, suit l’avancement, réceptionne les travaux. Son coût est de 8 à 15 % du montant total des travaux.
Option 3 : Le cabinet d’investissement clé en main (Vestae)
Pour les investisseurs qui souhaitent déléguer entièrement de l’acquisition à la mise en location un cabinet clé en main assure la coordination complète du chantier avec ses artisans partenaires.
Les règles d’or de la coordination
Règle 1 : Planifier avec des dates fermes, pas des estimations vagues
« L’électricien viendra en octobre » n’est pas un planning. « L’électricien intervient du 6 au 10 octobre » est un planning. Exigez des dates fermes de chaque artisan avant de signer.
Règle 2 : Toujours avoir l’artisan suivant planifié avant la fin du précédent
Avant que l’électricien commence, le plâtrier doit être réservé pour la semaine suivante. Sinon, vous perdez 2 semaines à chercher un plâtrier disponible après la fin de l’électricien.
Règle 3 : Prévoir des journées de tampon entre corps de métier
Une journée de tampon entre l’électricien et le plâtrier permet à l’électricien de finir ses petits travaux en retard sans bloquer le plâtrier.
Règle 4 : Effectuer des visites de chantier régulières
Une visite hebdomadaire minimum permet de détecter les problèmes avant qu’ils se transforment en retards ou en malfaçons. Une photo horodatée de l’avancement à chaque visite est votre documentation en cas de litige.
Règle 5 : Ne pas payer les artisans avant réception
Le solde final de chaque corps de métier ne doit être versé qu’après réception des travaux avec un délai de garantie de parfait achèvement (1 an pour les menus travaux).

L’approche Vestae sur la réhabilitation complète
Notre expérience des réhabilitations dans le Grand Ouest
Chez Vestae, nous avons coordonné des dizaines de réhabilitations complètes dans les marchés du Grand Ouest Laval, Le Mans, Alençon, Vitré, Flers. Chaque chantier nous a enseigné les mêmes vérités : la préparation est 50 % du succès, et la coordination des intervenants dans le bon ordre est l’autre 50 %.
Ce que nous faisons pour nos clients
Avant le chantier :
- Diagnostic complet avec nos artisans partenaires
- Programme de travaux et chiffrage précis (avec marges de sécurité)
- Dépôt des demandes MaPrimeRénov’ et CEE avant démarrage
- Planning de chantier avec dates fermes
Pendant le chantier :
- Visites de chantier hebdomadaires
- Coordination directe avec chaque corps de métier
- Gestion des imprévus (arbitrage, décision rapide)
- Point hebdomadaire avec le client (photos + avancement)
Après le chantier :
- Réception des travaux avec chaque artisan
- Grand nettoyage et ameublement
- Photos pour l’annonce
- Mise en location et sélection du locataire
Les délais réalistes pour une réhabilitation complète
| Type de bien | État initial | Durée travaux | Durée totale (avec prépa et mise en location) |
|---|---|---|---|
| Studio (20-30 m²) | Moyen | 3-4 semaines | 6-8 semaines |
| T2 (35-50 m²) | Moyen | 5-7 semaines | 9-12 semaines |
| T2 (35-50 m²) | Mauvais | 7-10 semaines | 12-16 semaines |
| T3 (55-75 m²) | Moyen | 7-10 semaines | 12-16 semaines |
| T3 (55-75 m²) | Mauvais (tout à refaire) | 10-14 semaines | 16-20 semaines |
La règle Vestae sur les délais : nous ne promettons jamais moins de 3 semaines de tampon sur toute estimation de délai. Les chantiers qui finissent en avance existent mais ils sont rares. Mieux vaut annoncer 12 semaines et finir en 10 que promettre 8 semaines et finir en 12.
En résumé
La réhabilitation complète d’un bien locatif est une opération complexe qui se joue principalement dans la préparation et la coordination. Ce qu’il faut retenir :
- La préparation est 50 % du succès : diagnostic complet, devis multiples, planning avec dates fermes, dépôt des demandes d’aides avant travaux
- L’ordre des corps de métier est non négociable : désamiantage → démolition → électricité → plomberie → isolation → doublage → menuiserie → plâtrerie → sols → peinture → cuisine/SDB → ameublement
- L’électricité passe toujours en premier parmi les réseaux techniques les gaines doivent être dans les murs avant les doublages
- La plomberie suit l’électricité plus volumineuse et à tester avant fermeture des murs
- L’isolation et les doublages referment les réseaux dans le bon ordre pour ne pas rouvrir les murs
- La plâtrerie prépare les surfaces pour la peinture ne pas la sauter pour faire des économies
- Les sols s’installent avant les équipements cuisine et SDB pour des finitions propres
- La peinture est avant-dernière après tous les corps de métier qui pourraient tacher les murs
- La coordination est le principal risque les trous entre corps de métier génèrent des semaines de retard. Réservez l’artisan suivant avant la fin du précédent
- Les délais réalistes : 6-8 semaines pour un studio, 9-12 semaines pour un T2, 12-16 semaines pour un T3 en état moyen
Vous avez un bien à réhabiliter dans le Grand Ouest et souhaitez déléguer la coordination du chantier à des professionnels ? Contactez Vestae, nous gérons l’intégralité du projet, du diagnostic à la remise des clés.