C’est la première grande décision fiscale et stratégique de tout investisseur locatif : faut-il louer en meublé (statut LMNP) ou en nu (revenus fonciers) ? Cette question, apparemment simple, cache des enjeux considérables : des différences de fiscalité de plusieurs milliers d’euros par an, des profils de locataires différents, des durées de bail distinctes et des implications très différentes à la revente.
En 2026, le paysage a changé. La réforme du LMNP (amortissement réduit à 2 %), l’arrivée du dispositif Jeanbrun (amortissement en location nue) et la revalorisation du déficit foncier modifient l’équilibre traditionnel entre les deux statuts. La réponse n’est plus aussi évidente qu’avant et dépend plus que jamais de votre profil, de votre type de bien et de votre horizon d’investissement.
Les bases : LMNP et location nue en deux mots
La location meublée (LMNP)
Le statut de Loueur en Meublé Non Professionnel (LMNP) s’applique quand vous mettez un logement meublé en location à titre de résidence principale du locataire. Le logement doit être équipé de tous les meubles et équipements nécessaires à la vie courante (liste définie par le décret du 31 juillet 2015).
Les revenus sont imposés dans la catégorie des BIC (Bénéfices Industriels et Commerciaux), selon deux régimes :
- Micro-BIC : abattement forfaitaire de 50 % (si recettes < 77 700 €)
- Régime réel BIC : déduction des charges réelles + amortissements
La location nue
La location nue (ou « location vide ») consiste à louer un logement sans mobilier. Le locataire arrive avec ses propres meubles.
Les revenus sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers, selon deux régimes :
- Micro-foncier : abattement forfaitaire de 30 % (si recettes < 15 000 €)
- Régime réel foncier : déduction des charges réelles, avec possibilité de créer un déficit foncier imputable sur le revenu global
La principale distinction : BIC vs revenus fonciers
Cette différence de catégorie fiscale est fondamentale. Elle détermine les charges déductibles, les mécanismes d’optimisation disponibles et le traitement de la plus-value à la revente. Tout le reste découle de cette distinction initiale.

La comparaison des loyers : meublé vs nu
Le loyer meublé est structurellement plus élevé
En location meublée, le loyer pratiqué est généralement 10 à 20 % plus élevé qu’en location nue pour un bien identique. Cette majoration reflète la valeur ajoutée du mobilier et des équipements fournis, ainsi que la plus grande flexibilité offerte au locataire (bail d’un an vs 3 ans).
Exemple sur un T2 de 45 m² à Laval :
- Location nue : ~520 €/mois
- Location meublée (LMNP) : ~580-600 €/mois
- Surplus meublé : +60 à 80 €/mois, soit +720 à 960 €/an
L’encadrement des loyers : identique en meublé et en nu
Dans les zones soumises à l’encadrement des loyers (Paris, Lyon, Bordeaux, Lille, Montpellier…), le loyer est plafonné selon le type de logement meublé ou nu avec un complément de loyer possible pour le meublé si des caractéristiques exceptionnelles le justifient.
Dans le Grand Ouest, aucune ville sur laquelle opère Vestae n’est soumise à l’encadrement des loyers. Les bailleurs fixent librement leur loyer en meublé comme en nu.
Le loyer plafonné du dispositif Jeanbrun
Si vous optez pour le nouveau dispositif Jeanbrun en location nue, vos loyers doivent être plafonnés à au moins 15 % en dessous du marché (niveau intermédiaire). Ce plafonnement réduit le loyer en nu et compresse l’avantage financier que le nu avait déjà naturellement sur le meublé.

La fiscalité comparée : le cœur du choix
C’est le critère le plus déterminant. Voici la comparaison fiscale complète entre LMNP et location nue, en 2026.
En micro : micro-BIC vs micro-foncier
| Régime | Abattement | Plafond recettes |
|---|---|---|
| Micro-BIC (LMNP meublé classique) | 50 % | 77 700 € |
| Micro-foncier (location nue) | 30 % | 15 000 € |
Le micro-BIC est clairement plus favorable que le micro-foncier en termes d’abattement (50 % vs 30 %). De plus, le micro-foncier n’est accessible qu’en dessous de 15 000 € de recettes un seuil vite dépassé avec 2 ou 3 biens.
Au régime réel : l’ancien avantage LMNP vs revenus fonciers
L’avantage traditionnel du LMNP au régime réel était son amortissement (4 à 5 %/an avant 2026). Cela permettait de réduire le résultat fiscal à zéro pendant 8 à 15 ans.
Depuis la réforme 2026 (amortissement LMNP réduit à 2 %/an pour les nouvelles acquisitions), l’avantage du LMNP au régime réel est réduit mais maintenu :
Simulation comparative sur un T2 meublé/nu à Laval (acquis 90 000 €, loyers LMNP 7 200 €, loyers nus 6 240 €) :
| Poste | LMNP réel | Location nue réelle |
|---|---|---|
| Recettes | 7 200 € | 6 240 € |
| Intérêts d’emprunt | − 2 500 € | − 2 500 € |
| Taxe foncière | − 800 € | − 800 € |
| Assurance + gestion + comptabilité | − 900 € | − 700 € |
| Résultat avant amortissement/déficit | + 3 000 € | + 2 240 € |
| Amortissement LMNP (2 % × 72 000 €) | − 1 440 € | n/a |
| Mobilier (7 %/an × 3 000 €) | − 210 € | n/a |
| Résultat imposable | + 1 350 € | + 2 240 € |
| Impôt (TMI 30 % + PS 17,2 %) | 635 € | 1 055 € |
| Avantage LMNP | — | 420 €/an |
L’avantage fiscal LMNP reste significatif mais il a été réduit par la réforme de l’amortissement.
La déductibilité des déficits : la grande différence
En LMNP : les déficits (si les charges dépassent les recettes) ne sont pas imputables sur le revenu global. Ils sont reportables uniquement sur les bénéfices BIC futurs, sans limite de temps.
En revenus fonciers : les déficits (hors intérêts d’emprunt) sont imputables sur le revenu global jusqu’à 10 700 € par an (ou 21 400 € pour les rénovations énergétiques de passoires thermiques). C’est l’un des avantages majeurs de la location nue pour les investisseurs qui font des travaux importants.

Les baux : durée, préavis, flexibilité
Le bail meublé : flexibilité maximale pour le bailleur
| Caractéristique | Bail meublé (LMNP) |
|---|---|
| Durée minimale | 1 an (9 mois pour les étudiants) |
| Préavis du locataire | 1 mois |
| Préavis du bailleur (congé) | 3 mois avant l’échéance |
| Renouvellement | Tacite, pour 1 an |
| Dépôt de garantie | 2 mois de loyer hors charges |
L’avantage pour le bailleur :
- Si le locataire part, délai de carence minimal (1 mois de préavis) vous récupérez le bien rapidement
- Si vous souhaitez vendre, vous pouvez donner congé 3 mois avant l’échéance annuelle vous vendez libre dans un délai plus court qu’en nu
Le bail nu : stabilité pour les deux parties
| Caractéristique | Bail nu (revenus fonciers) |
|---|---|
| Durée minimale | 3 ans (personne physique) / 6 ans (SCI, société) |
| Préavis du locataire | 3 mois (1 mois en zone tendue) |
| Préavis du bailleur (congé) | 6 mois avant l’échéance |
| Renouvellement | Tacite, pour 3 ans |
| Dépôt de garantie | 1 mois de loyer hors charges |
L’avantage pour le bailleur :
- Locataires plus stables (engagement sur 3 ans) moins de rotation, moins de remise en état
- Profil familial dominant soin généralement plus attentif du logement
L’inconvénient pour le bailleur :
- Si vous souhaitez vendre le bien libre, il faut attendre l’échéance du bail (3 ans) et donner congé 6 mois avant soit jusqu’à 3,5 ans avant de récupérer le bien libre
- Plus long à récupérer en cas de locataire problématique (procédure d’expulsion plus longue à enclencher en pratique)
Le bail mobilité : une option intermédiaire
Le bail mobilité (créé par la loi Élan 2018) est un bail meublé de 1 à 10 mois, non renouvelable, sans dépôt de garantie. Il est réservé aux locataires en formation, en mobilité professionnelle, en mission temporaire ou en stage.
Il offre la flexibilité du meublé avec une durée sur mesure mais n’est accessible qu’à certains profils de locataires.
La gestion locative : effort et contraintes
En LMNP : plus de gestion, plus de rotation
La location meublée implique généralement plus de gestion que la location nue :
La fourniture et l’entretien du mobilier
Le bailleur doit fournir et maintenir en bon état l’ensemble du mobilier (liste légale de 11 éléments minimum). Le mobilier s’use, se casse, doit être remplacé régulièrement. C’est une charge permanente que le bailleur nu n’a pas.
La rotation locative plus élevée
En meublé, les locataires restent en moyenne 1 à 2 ans (vs 4 à 6 ans en nu). Cette rotation plus élevée implique plus d’états des lieux, plus de périodes de vacance et de remise en état entre les locataires.
L’obligation de comptabilité BIC
Le LMNP au régime réel nécessite une comptabilité simplifiée et le dépôt d’une liasse fiscale (formulaire 2031). Un expert-comptable est quasi indispensable.
En location nue : gestion plus stable
La location nue est généralement plus simple à gérer :
Pas de mobilier à gérer
Le locataire arrive avec ses meubles et en est responsable. Pas d’inventaire du mobilier à l’état des lieux (ou seulement pour les équipements fixes).
Des locataires plus stables
Un bail de 3 ans avec des familles ou des actifs en CDI génère moins de rotation et donc moins de coûts de remise en état, d’états des lieux et de recherche de locataires.
Des obligations comptables plus légères
En revenus fonciers au régime réel, la comptabilité est plus simple qu’en LMNP BIC. Le régime micro-foncier (sous 15 000 €) ne nécessite aucune comptabilité particulière.
Le profil des locataires : qui loue meublé, qui loue nu ?
Les locataires du meublé
Les locataires de logements meublés sont généralement :
- Étudiants : budget limité, courte durée, mobilité élevée
- Jeunes actifs en mobilité professionnelle : CDI ou CDD, 1 à 2 ans de présence, loyer légèrement supérieur accepté
- Fonctionnaires mutés : profil stable, mais durée de mutation limitée
- Travailleurs en mission : durée très courte (quelques mois), fort roulement
Forces du profil meublé :
- Demande forte dans les villes étudiantes et les zones de mobilité professionnelle
- Loyer plus élevé compensant la rotation
- Locataires souvent sans mobilier propre → peu de pression sur la qualité des équipements
Faiblesses :
- Rotation plus élevée → coûts de gestion et de remise en état récurrents
- Locataires jeunes → capacité financière parfois limitée (mais garants souvent présents)
Les locataires du nu
Les locataires de logements nus sont généralement :
- Familles avec enfants : recherchent la stabilité, prennent soin du logement
- Jeunes couples : installation durable, premiers meubles propres
- Fonctionnaires ou actifs en CDI : profils stables, revenus réguliers
- Seniors : longue durée de location, entretien soigneux
Forces du profil nu :
- Stabilité locative supérieure (3 à 6 ans en moyenne)
- Profil financier souvent solide (famille, actif en CDI)
- Moins de rotation → moins de frais de remise en état et de relocation
Faiblesses :
- Moins de flexibilité pour récupérer le bien
- Loyer légèrement inférieur au meublé

La plus-value à la revente : les différences depuis 2024
C’est le critère qui a le plus évolué depuis la réforme LMNP de la loi de finances 2024.
En LMNP : la réintégration des amortissements
Depuis la loi de finances 2024, les amortissements pratiqués en LMNP viennent majorer la plus-value imposable à la revente :
Plus-value imposable = Prix de vente − (Prix d’acquisition − Amortissements cumulés)
Avec le nouveau taux de 2 %/an, les amortissements cumulés sur 15 ans représentent moins qu’avant (2 % × 72 000 € × 15 = 21 600 €), mais la réintégration reste significative.
Exemple :
- Bien LMNP acquis 90 000 €, revendu 130 000 € après 15 ans
- Amortissements cumulés : 15 × 2 % × 72 000 € = 21 600 €
- Plus-value imposable = 130 000 − (90 000 − 21 600) = 61 600 €
- Sans réintégration : plus-value = 130 000 − 90 000 = 40 000 €
L’écart de plus-value imposable est de 21 600 € ce qui représente un impôt supplémentaire significatif, atténué par les abattements pour durée de détention (6 %/an d’IR à partir de la 6e année).
En location nue : pas de réintégration
En location nue classique (revenus fonciers), la plus-value est calculée selon le régime des plus-values des particuliers sans réintégration des charges déduites. C’est l’un des avantages structurels de la location nue par rapport au LMNP depuis 2024.
Les abattements pour durée de détention s’appliquent normalement :
- Exonération totale d’IR après 22 ans
- Exonération totale de PS après 30 ans
En dispositif Jeanbrun : l’exonération à 20 ans sans réintégration
Le dispositif Jeanbrun offre le meilleur régime à la revente pour la location nue :
- Exonération totale de la plus-value après 20 ans (vs 22 ans en droit commun)
- Sans réintégration des amortissements pratiqués pendant la détention
- C’est l’avantage le plus puissant du dispositif pour les horizons longs

Le dispositif Jeanbrun : quand la location nue devient fiscalement compétitive
La situation avant 2026
Historiquement, la fiscalité favorisait clairement le LMNP sur la location nue :
- LMNP : amortissement 4-5 %/an → résultat fiscal nul pendant 8-15 ans
- Location nue classique : pas d’amortissement → revenus fonciers imposés dès le premier euro (hors déficit foncier sur travaux)
Ce que le Jeanbrun change pour la location nue
Depuis le 21 février 2026, le dispositif Jeanbrun permet d’amortir un bien en location nue à 3,5 à 5,5 %/an, des taux supérieurs au LMNP réformé (2 %/an). C’est une révolution conceptuelle qui rapproche fiscalement la location nue du LMNP, voire la rend supérieure dans certaines configurations.
Comparaison LMNP réel vs Jeanbrun en 2026
| Critère | LMNP réel (2026) | Jeanbrun (location nue) |
|---|---|---|
| Amortissement annuel | 2 % du bâti | 3,5 à 5,5 % du bâti |
| Loyers plafonnés | Non | Oui (−15 % min) |
| Durée d’engagement | Aucune | 9 ans min |
| Exonération plus-value | 22/30 ans (avec réintégration) | 20 ans (sans réintégration) |
| Type de location | Meublée obligatoire | Nue obligatoire |
| Limite | Illimité (biens) | 2 biens max/foyer fiscal |
Le Jeanbrun offre un taux d’amortissement supérieur au LMNP post-réforme mais en échange de loyers plafonnés et d’un engagement de 9 ans. Pour un investisseur qui accepte ces contraintes, le Jeanbrun peut générer un résultat fiscal nul même en location nue.
Tableau de décision complet
La grille de décision LMNP vs location nue
| Critère | LMNP meublé | Location nue classique | Location nue Jeanbrun |
|---|---|---|---|
| Loyer | +10 à 20 % vs nu | Référence marché | Plafonné −15 % min |
| Abattement micro | 50 % (jusqu’à 77 700 €) | 30 % (jusqu’à 15 000 €) | n/a (régime réel) |
| Amortissement au réel | 2 %/an (depuis 2026) | Non (sauf Jeanbrun) | 3,5 à 5,5 %/an |
| Déficit sur revenu global | Non (report BIC) | Oui (10 700 €/an) | Oui (en principe) |
| Durée bail | 1 an | 3 ans | 3 ans (+ engagement 9 ans) |
| Préavis locataire | 1 mois | 3 mois (1 mois zone tendue) | 3 mois |
| Rotation locative | Élevée | Faible | Faible |
| Gestion | Plus active | Plus stable | Plus stable |
| Mobilier requis | Oui (coût ~2 000-3 500 €) | Non | Non |
| Plus-value revente | Réintégration amortissements | Abattements classiques | Exonération 20 ans (sans réintégration) |
| Plafond biens | Illimité | Illimité | 2 biens/foyer fiscal |
| Horizon optimal | Flexible | Court ou long | Long terme (20 ans+) |
| Profil locataire typique | Étudiants, mobiles | Familles, actifs stables | Familles, actifs stables |
La matrice de décision par profil
Choisissez le LMNP si :
- Votre bien est un studio ou T2 en ville étudiante
- Vous cherchez un loyer maximal sans plafonnement
- Vous avez plus de 2 biens (contrainte Jeanbrun)
- Vous souhaitez une flexibilité totale sur la durée de location
- Vous visez un horizon flexible (pas de contrainte de 9 ans)
Choisissez la location nue classique + déficit foncier si :
- Votre bien nécessite des travaux importants (25 000 € ou plus)
- Vous souhaitez une réduction immédiate de votre revenu global
- Vous louez à des familles stables sur le long terme
- Vous avez déjà des revenus fonciers positifs sur d’autres biens
Choisissez le Jeanbrun (location nue) si :
- Vous envisagez de détenir le bien 20 ans ou plus
- Vous êtes prêt à pratiquer des loyers modérés en échange de l’amortissement
- Vous avez 1 ou 2 biens au maximum dans ce dispositif
- La revente en franchise totale de plus-value à 20 ans est un objectif patrimonial

L’approche Vestae sur le choix du régime
Chez Vestae, la question « meublé ou nu ? » est systématiquement posée à chaque acquisition et la réponse est toujours analysée au regard du bien spécifique, du marché local et du profil de l’investisseur.
Notre méthode d’analyse en 5 questions
Question 1 : Quel est le type de bien ?
Un studio de 22 m² en ville universitaire va naturellement en meublé les étudiants le demandent, le loyer meublé est significativement supérieur et le LMNP est le régime adapté. Un T4 de 85 m² dans une commune périurbaine avec peu d’étudiants va plutôt en nu les familles sont la cible naturelle et apportent leur mobilier.
Question 2 : Quelle est la demande locative locale ?
Dans certains marchés du Grand Ouest, la demande de meublés est forte (campus universitaires de Le Mans, Laval). Dans d’autres, la demande familiale en nu domine (communes périurbaines, petites villes industrielles).
Question 3 : Quel est l’horizon d’investissement ?
Pour un horizon de 5 à 10 ans : le LMNP ou le déficit foncier (si travaux) sont adaptés. Pour un horizon de 20 ans+ : le Jeanbrun en nu offre l’exonération totale de plus-value sans réintégration un avantage considérable.
Question 4 : Y a-t-il des travaux importants à prévoir ?
Si des travaux lourds sont nécessaires, le régime réel des revenus fonciers avec déficit foncier est souvent plus puissant que le LMNP notamment pour réduire le revenu global immédiatement.
Question 5 : Quel est le profil fiscal de l’investisseur ?
À TMI 41 %, l’imputation d’un déficit foncier sur le revenu global génère 41 centimes d’économie par euro de déficit un avantage immédiat que le LMNP ne peut pas offrir. Pour un investisseur moins imposé (TMI 11 %), l’avantage du LMNP (résultat fiscal nul) peut être suffisant.
Notre position générale en 2026
En 2026, avec la réforme du LMNP (amortissement à 2 %) et l’arrivée du Jeanbrun (amortissement en nu à 3,5-5,5 %), l’écart de compétitivité entre meublé et nu s’est réduit. Le LMNP reste pertinent mais son avantage sur la location nue est moins systématique qu’avant.
Notre recommandation générale :
- Meublé (LMNP) pour les petites surfaces en ville étudiante ou à forte mobilité professionnelle
- Location nue avec déficit foncier pour les biens à rénover
- Jeanbrun en nu pour les horizons longs (20 ans+) avec une tolérance aux loyers plafonnés
En résumé
Le choix entre LMNP et location nue n’a jamais été aussi nuancé qu’en 2026. Ce qu’il faut retenir :
- Le LMNP génère des loyers 10 à 20 % plus élevés que la location nue un avantage financier réel mais atténué par la rotation plus élevée
- Le micro-BIC (50 %) reste supérieur au micro-foncier (30 %) pour les recettes modestes
- L’amortissement LMNP a été réduit à 2 %/an depuis 2026 l’avantage fiscal est maintenu mais diminué
- La location nue permet le déficit foncier : jusqu’à 10 700 €/an (21 400 € pour passoires rénovées) imputable sur le revenu global un avantage que le LMNP n’offre pas
- Le LMNP implique une réintégration des amortissements à la revente depuis 2024 la location nue reste exonérée selon les abattements classiques
- Le Jeanbrun en location nue offre désormais un amortissement supérieur au LMNP réformé (3,5-5,5 % vs 2 %) mais avec des contraintes (loyers plafonnés, 9 ans d’engagement, 2 biens max)
- La décision finale dépend du type de bien, du marché local, de l’horizon et du profil fiscal pas d’une règle universelle
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