Vous avez bâti un patrimoine locatif au fil des années un ou plusieurs biens, peut-être une SCI, un portefeuille diversifié dans le Grand Ouest. Et comme tout investisseur qui pense à long terme, la question de la transmission se pose : comment passer ce patrimoine à vos enfants ou à vos proches avec le moins de fiscalité possible ?
La réponse est rarement simple. La transmission d’un bien locatif peut se faire de son vivant (donation) ou au décès (succession) et les deux approches ont des règles fiscales, des coûts et des avantages radicalement différents. Entre les abattements renouvelables de la donation, le démembrement de propriété, la SCI comme outil de transmission, et les droits de succession au décès il existe une ingénierie patrimoniale qui peut réduire considérablement la facture fiscale.
La transmission au décès : comment fonctionne la succession ?
Le principe de la succession
Au décès d’un propriétaire, son patrimoine y compris ses biens locatifs est transmis à ses héritiers selon les règles légales de la succession (ou selon un testament s’il en a rédigé un). Les héritiers doivent alors s’acquitter des droits de succession calculés sur la valeur nette du patrimoine reçu.
Les abattements en ligne directe
La loi prévoit des abattements sur la valeur transmise avant calcul des droits. En ligne directe (parents → enfants), l’abattement est de 100 000 € par enfant et par parent.
Concrètement : un couple avec deux enfants peut transmettre sans droits jusqu’à 400 000 € de patrimoine net (100 000 € × 2 parents × 2 enfants). Au-delà, le barème progressif des droits de succession s’applique.
Le barème des droits de succession en ligne directe
| Fraction de la part nette taxable | Taux |
|---|---|
| Jusqu’à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Exemple concret :
Un parent décède et laisse un appartement locatif d’une valeur de 250 000 € à son unique enfant.
- Valeur transmise : 250 000 €
- Abattement : − 100 000 €
- Base taxable : 150 000 €
- Droits calculés : 8 072 × 5 % + (12 109 − 8 072) × 10 % + (15 932 − 12 109) × 15 % + (150 000 − 15 932) × 20 % = 404 + 404 + 573 + 26 814 = 28 194 €
L’enfant doit payer 28 194 € de droits de succession pour recevoir un appartement de 250 000 €.
Le problème de la trésorerie lors d’une succession
Les droits de succession sont dus dans les 6 mois suivant le décès. Si l’héritier n’a pas la trésorerie disponible, il doit soit vendre le bien pour payer les droits, soit emprunter. Cette contrainte peut forcer la vente d’un bien locatif que l’héritier aurait souhaité conserver une situation que l’anticipation permet d’éviter.

La donation de son vivant : les règles et abattements
Pourquoi donner de son vivant ?
La donation de son vivant est souvent fiscalement plus avantageuse que la succession pour deux raisons principales :
- L’abattement de 100 000 € est renouvelable tous les 15 ans contre une seule utilisation à la succession
- La valeur du bien est figée au moment de la donation si le bien prend de la valeur ensuite, cette plus-value est transmise sans fiscalité supplémentaire
Le mécanisme des abattements renouvelables
L’abattement de 100 000 € par enfant et par parent se renouvelle tous les 15 ans. Un parent qui donne 100 000 € à un enfant en 2026 peut à nouveau donner 100 000 € en 2041 sans droits de donation soit 200 000 € transmis en franchise de droits sur 15 ans pour un seul enfant.
Sur une vie de transmission (disons 30 ans actifs), un couple avec deux enfants peut transmettre en franchise de droits :
- 100 000 € × 2 parents × 2 enfants × 2 cycles (30 ans / 15 ans) = 800 000 € sans droits
C’est considérable et cela justifie d’anticiper le plus tôt possible.
Les autres abattements cumulables
En plus de l’abattement de 100 000 €, d’autres abattements peuvent s’appliquer :
Don familial de sommes d’argent : 31 865 € supplémentaires par enfant et par parent, renouvelables tous les 15 ans, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et que le bénéficiaire ait au moins 18 ans. Ce don peut financer l’apport d’un investissement locatif du bénéficiaire.
Abattement entre époux/partenaires PACS : 80 724 € lors d’une donation entre époux ou partenaires de PACS.
Abattement en faveur des personnes handicapées : 159 325 €, cumulable avec les autres abattements.
Le barème des droits de donation en ligne directe
Le barème des droits de donation en ligne directe est identique au barème de la succession. La différence se joue sur les abattements, les stratégies de démembrement et la possibilité de renouveler les abattements tous les 15 ans pas sur le taux des droits lui-même.
Les frais de donation
Une donation immobilière nécessite obligatoirement un acte notarié. Les frais de notaire comprennent :
- Les droits de mutation à titre gratuit (les droits de donation payés par le donataire)
- Les émoluments du notaire (environ 1 à 2 % de la valeur du bien selon un barème dégressive)
- La publicité foncière (~0,1 % de la valeur)
- Les taxes diverses (taxe de publicité foncière, sécurité immobilière)
Les frais totaux de donation d’un bien immobilier représentent environ 2 à 4 % de la valeur du bien (hors droits de donation si ceux-ci sont dus).

La donation en démembrement de propriété : l’outil clé
Le principe du démembrement
Le démembrement de propriété consiste à séparer la pleine propriété d’un bien en deux droits distincts :
- L’usufruit : le droit d’utiliser le bien et d’en percevoir les revenus (les loyers)
- La nue-propriété : le droit de posséder le bien sans en jouir directement
Quand le donateur donne la nue-propriété à ses enfants en conservant l’usufruit, il :
- Garde la jouissance du bien et continue de percevoir les loyers
- Transmet la nue-propriété à ses enfants à une valeur décotée (moins élevée que la pleine propriété)
- À son décès, l’usufruit s’éteint automatiquement les enfants récupèrent la pleine propriété sans aucun droit supplémentaire à payer
La valeur de la nue-propriété : le barème fiscal
La valeur de la nue-propriété est calculée selon un barème fiscal qui dépend de l’âge de l’usufruitier (le donateur) au moment de la donation :
| Âge de l’usufruitier | Valeur de l’usufruit | Valeur de la nue-propriété |
|---|---|---|
| Moins de 21 ans | 90 % | 10 % |
| De 21 à 30 ans | 80 % | 20 % |
| De 31 à 40 ans | 70 % | 30 % |
| De 41 à 50 ans | 60 % | 40 % |
| De 51 à 60 ans | 50 % | 50 % |
| De 61 à 70 ans | 40 % | 60 % |
| De 71 à 80 ans | 30 % | 70 % |
| De 81 à 90 ans | 20 % | 80 % |
| Plus de 91 ans | 10 % | 90 % |
Exemple concret :
Un parent de 55 ans possède un appartement locatif d’une valeur de 200 000 €. Il donne la nue-propriété à son enfant.
- Valeur de l’usufruit (55 ans → 50 %) : 100 000 €
- Valeur de la nue-propriété (50 %) : 100 000 €
- Abattement : − 100 000 €
- Base taxable pour les droits de donation : 0 €
- Droits de donation dus : 0 €
Le parent a transmis la nue-propriété d’un appartement de 200 000 € à son enfant sans aucun droit de donation grâce à la combinaison du démembrement (valeur réduite à 100 000 €) et de l’abattement (100 000 €).
À son décès, l’enfant récupère la pleine propriété de l’appartement (qui vaut peut-être 280 000 € à ce moment-là) sans payer de droits supplémentaires.
Pourquoi plus tôt est mieux pour le démembrement
L’intérêt du démembrement est maximum quand l’usufruitier est jeune. Plus l’usufruitier est âgé, plus la valeur de la nue-propriété est élevée et plus les droits de donation à payer sont importants.
Un parent qui donne la nue-propriété à 50 ans transmet à une valeur de 40 % de la pleine propriété (nue-propriété). À 70 ans, cette valeur est de 60 %. À 80 ans, de 70 %. Attendre coûte fiscalement cher.
La conservation des loyers par l’usufruitier
Pendant la durée du démembrement (jusqu’au décès de l’usufruitier), le parent continue de percevoir les loyers de l’appartement comme s’il en était le plein propriétaire. Il continue de les déclarer dans ses revenus. Les enfants, nus-propriétaires, ne perçoivent aucun loyer mais ils acquièrent une valeur patrimoniale importante à terme.
Cette caractéristique est idéale pour un parent retraité qui a besoin de ses revenus locatifs pour vivre la donation en démembrement lui permet de transmettre sans se démunir.

La donation-partage : sécuriser la transmission entre enfants
Qu’est-ce que la donation-partage ?
La donation-partage est un acte notarié par lequel un parent donne et répartit ses biens entre ses enfants de son vivant. Elle se distingue de la donation simple sur un point essentiel : la valeur des biens donnés est figée au jour de la donation-partage pour le calcul des droits de succession ultérieurs.
L’avantage principal : la sécurité entre héritiers
Dans une donation simple, si le parent donne un appartement à un enfant et que cet appartement double de valeur en 15 ans, au décès du parent, cet appartement sera réintégré à sa valeur actuelle (doublée) dans le calcul des droits de succession ce qui peut créer des inégalités entre les enfants.
Dans une donation-partage, la valeur est figée au jour de la donation l’appartement vaut 200 000 € le jour de la donation-partage, et c’est cette valeur qui sera prise en compte au décès, même si l’appartement vaut 350 000 € à ce moment. Cette règle évite les conflits entre héritiers liés à la revalorisation des biens.
La donation-partage avec réserve d’usufruit
La donation-partage peut être combinée avec le démembrement le parent donne la nue-propriété des biens entre ses enfants dans le cadre d’une donation-partage, tout en conservant l’usufruit jusqu’à son décès. C’est la combinaison optimale pour de nombreuses familles.

La SCI comme outil de transmission
Pourquoi la SCI facilite la transmission
Détenir ses biens locatifs dans une SCI (Société Civile Immobilière) transforme fondamentalement la nature de ce qui est transmis : plutôt que de transmettre des biens immobiliers (indivis, difficiles à partager), on transmet des parts sociales des valeurs mobilières divisibles à l’euro près.
Avantages de la SCI pour la transmission :
1. La divisibilité
Des parts sociales se transmettent en petites fractions on peut donner 5 %, 10 %, 15 % des parts à un enfant, réajuster chaque année dans la limite de l’abattement de 100 000 €. Un bien immobilier en pleine propriété ne se divise pas aussi facilement.
2. La décote de minorité
Les parts d’une SCI détenues en minorité (moins de 50 % du capital) font l’objet d’une décote de minorité ou « illiquidité » généralement de 10 à 20 % car elles ne donnent pas le contrôle de la société. Cette décote est acceptée par l’administration fiscale et réduit la base de calcul des droits de donation.
Exemple : des parts sociales représentant 40 % d’une SCI dont le patrimoine immobilier vaut 500 000 € ont une valeur théorique de 200 000 €. Avec une décote de 15 % pour minorité, leur valeur fiscale est de 200 000 × (1 − 15 %) = 170 000 € une économie de droits sur 30 000 € de valeur.
3. La transmission progressive
Un parent peut donner des parts de SCI progressivement chaque année ou tous les 5 ans en profitant à chaque fois de l’abattement de 100 000 €. Cette progressivité est beaucoup plus difficile avec un bien immobilier en pleine propriété.
4. La conservation du contrôle
Le gérant de la SCI conserve le contrôle de la gestion des biens (décisions d’investissement, de location, de travaux) même après avoir donné des parts à ses enfants tant que les statuts lui confèrent cette prérogative. Cette dissociation entre la propriété économique (parts) et le contrôle (gérance) est l’un des grands avantages de la SCI pour la transmission.
La SCI à l’IS et la transmission : attention à la plus-value
Une SCI soumise à l’IS présente un inconvénient majeur pour la transmission : les plus-values sur les biens sont calculées de façon « professionnelle » (prix de cession − valeur nette comptable après amortissements), sans les abattements pour durée de détention des particuliers. Une cession ou une dissolution de SCI IS après 20 ans peut générer une plus-value imposable très importante.
La SCI à l’IR est généralement préférable pour la transmission : les cessions de parts bénéficient des abattements pour durée de détention des particuliers (exonération IR après 22 ans, prélèvements sociaux après 30 ans).

La donation vs la succession : comparaison chiffrée
Le cas : un appartement de 300 000 € transmis à un enfant unique
Scénario 1 : Succession au décès
- Valeur du bien : 300 000 €
- Abattement successoral : − 100 000 €
- Base taxable : 200 000 €
- Droits de succession :
- 8 072 × 5 % = 404 €
- (12 109 − 8 072) × 10 % = 404 €
- (15 932 − 12 109) × 15 % = 573 €
- (200 000 − 15 932) × 20 % = 36 814 €
- Total droits : 38 194 €
- Frais notaire succession : ~2 500 €
- Coût total de la transmission : ~40 700 €
Scénario 2 : Donation pleine propriété à 55 ans
- Valeur du bien : 300 000 €
- Abattement donation : − 100 000 €
- Base taxable : 200 000 €
- Droits de donation : 38 194 € (identiques à la succession)
- Frais notaire donation : ~4 500 € (légèrement supérieurs à la succession)
- Coût total de la transmission : ~42 700 €
Avantage de la donation : si le bien vaut 400 000 € au décès du parent, l’enfant a économisé des droits sur 100 000 € de plus-value (environ 20 000 € d’économie).
Scénario 3 : Donation en démembrement (nue-propriété) à 55 ans
- Valeur du bien : 300 000 €
- Valeur de la nue-propriété (55 ans → 50 %) : 150 000 €
- Abattement donation : − 100 000 €
- Base taxable : 50 000 €
- Droits de donation :
- 8 072 × 5 % = 404 €
- (12 109 − 8 072) × 10 % = 404 €
- (15 932 − 12 109) × 15 % = 573 €
- (50 000 − 15 932) × 20 % = 6 814 €
- Total droits : 8 194 €
- Frais notaire donation : ~4 000 €
- À la mort de l’usufruitier : 0 € de droits supplémentaires
- Coût total de la transmission : ~12 200 €
Économie réalisée par le démembrement vs la succession : ~28 500 € sur un bien de 300 000 €, c’est une économie de 70 %.

Le pacte Dutreil immobilier : une niche puissante
Qu’est-ce que le pacte Dutreil ?
Le pacte Dutreil (articles 787 B et 787 C du CGI) est un dispositif fiscal qui permet de bénéficier d’un abattement de 75 % sur la valeur d’une entreprise ou de parts de société transmise, sous conditions d’engagement de conservation.
Initialement conçu pour les transmissions d’entreprises, le pacte Dutreil s’applique également aux SCI qui exercent une activité immobilière à caractère professionnel notamment les SCI dont l’activité principale est la location meublée (activité commerciale BIC).
Les conditions d’accès au pacte Dutreil immobilier
Pour une SCI exerçant une activité de location meublée :
- L’activité principale doit être la location meublée (et non la détention passive de biens nus)
- Un engagement collectif de conservation des parts de 2 ans minimum doit être signé par les associés (représentant au moins 17 % des droits financiers et 34 % des droits de vote)
- Chaque donataire doit s’engager individuellement à conserver les parts pendant 4 ans supplémentaires
- L’un des signataires (ou un associé) doit exercer une fonction de direction dans la société pendant la durée de l’engagement
L’avantage fiscal considérable
Avec le pacte Dutreil : 75 % de la valeur des parts transmises est exonérée de droits.
Exemple :
- Parts de SCI de location meublée représentant 500 000 €
- Abattement Dutreil (75 %) : − 375 000 €
- Base taxable après Dutreil : 125 000 €
- Abattement de droit commun (100 000 €) : − 100 000 €
- Base taxable finale : 25 000 €
- Droits de donation : ~3 400 €
Sans le pacte Dutreil :
- Base taxable : 500 000 − 100 000 = 400 000 €
- Droits de donation : ~80 000 €
Économie grâce au pacte Dutreil : ~76 600 € sur une transmission de 500 000 €.
Le pacte Dutreil et la SARL de famille
Le pacte Dutreil s’applique également aux SARL de famille exerçant une activité de location meublée. C’est l’une des raisons pour lesquelles la SARL de famille est une structure particulièrement adaptée pour les investisseurs locatifs qui souhaitent préparer la transmission à leurs enfants.
L’assurance vie : un outil complémentaire hors succession
Pourquoi l’assurance vie est un outil de transmission
L’assurance vie est le seul placement financier qui échappe aux règles civiles et fiscales de la succession (sous conditions). Les capitaux versés au décès du souscripteur à ses bénéficiaires désignés ne font pas partie de la succession ils sont transmis directement, hors droits de succession pour les montants versés avant 70 ans.
Les abattements spécifiques de l’assurance vie :
- Pour les primes versées avant 70 ans : 152 500 € par bénéficiaire, exonéré de droits (puis 20 % jusqu’à 852 500 €, 31,25 % au-delà)
- Pour les primes versées après 70 ans : abattement global de 30 500 € (tous bénéficiaires confondus), puis droits de succession normaux
L’assurance vie comme outil de liquidités pour payer les droits de succession
Une stratégie très utilisée : alimenter un contrat d’assurance vie au profit des héritiers pour leur donner les liquidités nécessaires au paiement des droits de succession sur les biens immobiliers.
Exemple : un parent qui possède un appartement de 300 000 € sait que ses enfants devront payer environ 38 000 € de droits de succession. Il souscrit un contrat d’assurance vie qu’il alimente progressivement, désigne ses enfants comme bénéficiaires. Au décès, les enfants reçoivent le capital assurance vie hors succession et utilisent ces fonds pour payer les droits de succession sur l’appartement.
La complémentarité assurance vie + démembrement
L’assurance vie et le démembrement sont deux outils complémentaires pas alternatifs. Le démembrement réduit les droits de donation sur les biens immobiliers, l’assurance vie transmet des liquidités hors droits. Combinés, ils constituent une stratégie de transmission globale très efficace.

Les erreurs à éviter
Erreur n°1 : Attendre trop longtemps pour planifier la transmission
C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse. Plus on attend, plus l’abattement de 100 000 € est utilisé une seule fois (à la succession plutôt que plusieurs fois en donation). Plus on attend, plus le démembrement est coûteux (la nue-propriété représente une fraction croissante de la valeur à mesure que l’usufruitier vieillit).
La transmission patrimoniale se planifie 15 à 20 ans avant les besoins prévisibles pas dans l’urgence.
Erreur n°2 : Donner trop vite sans conserver suffisamment pour vivre
L’enthousiasme de la transmission peut pousser certains donateurs à donner trop se retrouvant ensuite sans revenus suffisants. La donation en démembrement est précisément conçue pour éviter cet écueil : on donne la nue-propriété, on conserve l’usufruit (les loyers).
Ne donnez jamais plus que ce que vous pouvez vous permettre de transmettre tout en maintenant votre niveau de vie.
Erreur n°3 : Ignorer la réserve héréditaire
La loi française protège les enfants par la réserve héréditaire une fraction du patrimoine qui leur est légalement réservée. Pour 1 enfant : la réserve est de 50 % du patrimoine. Pour 2 enfants : 2/3. Pour 3 enfants et plus : 3/4.
Un parent ne peut pas donner la totalité de son patrimoine à un seul enfant ou à un tiers au détriment des autres enfants. Les donations qui dépassent la « quotité disponible » (la part dont le parent peut librement disposer) peuvent être réduites à la succession si les autres héritiers le demandent.
Erreur n°4 : Négliger les droits de mutation lors de l’apport en SCI
Apporter un bien immobilier à une SCI peut déclencher des droits de mutation (comme lors d’une vente) si l’opération est mal structurée. Il est crucial de préparer cet apport avec un notaire pour optimiser la fiscalité de l’opération et éviter des coûts imprévus.
Erreur n°5 : Créer une SCI uniquement pour la transmission sans stratégie globale
La SCI est un excellent outil de transmission mais elle génère des coûts (comptabilité, formalités juridiques annuelles, frais de notaire à la création) qui doivent être justifiés par une stratégie globale. Créer une SCI uniquement pour la transmission sans s’assurer qu’elle est adaptée à la situation fiscale et patrimoniale globale peut être contre-productif.

L’approche Vestae sur la transmission patrimoniale
Chez Vestae, la transmission est une dimension que nous intégrons dès la conception du portefeuille locatif pas un sujet qu’on aborde à la retraite. Un bien acquis à 40 ans pour être loué 20 ans doit aussi être pensé pour la façon dont il sera transmis à 60 ans.
Notre positionnement
Nous ne sommes ni notaires ni conseillers en gestion de patrimoine mais nous travaillons en étroite collaboration avec ces professionnels pour offrir à nos clients une vision patrimoniale complète. La question « dans quelle structure acheter ? » (nom propre, SCI IR, SARL de famille…) intègre systématiquement la dimension transmission.
Les questions que nous posons systématiquement
« Avez-vous des enfants qui pourraient hériter de ce bien ? »
La réponse oriente le choix de la structure (SCI IR pour faciliter la donation de parts) et de la durée envisagée.
« Quel est votre âge et celui de votre conjoint ? »
L’âge détermine le coût du démembrement et donc l’urgence ou non d’anticiper la transmission.
« Avez-vous un notaire qui suit votre patrimoine ? »
Si la réponse est non, nous orientons vers nos partenaires notaires dès que le patrimoine locatif atteint 2 ou 3 biens.
Nos recommandations pratiques
Pour un investisseur de 40-50 ans :
Réfléchissez dès maintenant à la structure de détention. Si vous achetez plusieurs biens, la SCI IR peut être pertinente pour faciliter la transmission progressive des parts. Consultez un notaire pour simuler le coût d’une donation en démembrement maintenant vs dans 15 ans.
Pour un investisseur de 55-65 ans :
Le démembrement est l’outil prioritaire. La valeur de la nue-propriété est encore attractive (50 à 40 % de la pleine propriété). Chaque année d’attente coûte en droits futurs. C’est le moment d’agir.
Pour un investisseur de 65 ans et plus :
L’urgence est maximale. Le démembrement devient plus coûteux. Priorisez la donation-partage pour figer les valeurs, combinez avec l’assurance vie pour les liquidités. Consultez un notaire sans tarder.
En résumé
La transmission d’un bien locatif est un enjeu patrimonial majeur qui mérite une stratégie anticipée, pas une gestion réactive. Ce qu’il faut retenir :
- La succession au décès applique les droits de succession sur la valeur nette du bien jusqu’à 45 % au-delà des seuils, avec un abattement de 100 000 € par enfant et par parent utilisé une seule fois
- La donation de son vivant permet d’utiliser l’abattement de 100 000 € renouvelable tous les 15 ans jusqu’à 200 000 € par parent → enfant sur 30 ans
- Le démembrement de propriété est l’outil le plus efficace : on donne la nue-propriété (à une valeur décotée selon l’âge) et on conserve les loyers. Au décès, l’enfant récupère la pleine propriété sans droits supplémentaires
- Plus tôt le démembrement est réalisé, moins il coûte à 55 ans, la nue-propriété vaut 50 % de la valeur vs 70 % à 75 ans
- La donation-partage fige les valeurs au jour de l’acte et évite les conflits entre héritiers à la succession
- La SCI facilite la transmission par la divisibilité des parts, la décote de minorité (~10-20 %) et la préservation du contrôle par la gérance
- Le pacte Dutreil permet un abattement de 75 % sur la valeur des parts de SCI de location meublée une niche fiscale puissante mais soumise à des conditions strictes
- L’assurance vie est un outil complémentaire pour transmettre des liquidités hors succession et financer les droits de succession sur les biens immobiliers
- La réserve héréditaire protège les enfants on ne peut pas transmettre librement plus que la quotité disponible
- Anticipez à 15-20 ans : la transmission patrimoniale est un processus long plus on commence tôt, plus les économies sont importantes
Vous souhaitez structurer votre patrimoine locatif dans le Grand Ouest en anticipant la transmission ? Contactez Vestae, nous vous orientons vers nos partenaires notaires et conseillers en gestion de patrimoine pour construire votre stratégie.